Créée par les Celtes, Bourg-en-Bresse fut rattachée au Royaume de Savoie à partir du XIIIème siècle jusqu'à ce que celui-ci cède une partie de son territoire à la France en 1601. Le rattachement au royaume de France et la transformation de Bourg-en-Bresse en la « capitale de la Bresse » correspond à une période importante de développement de la ville qui accueille les principales administrations royales de la région avant que la Révolution n'en fasse la préfecture du département de l'Ain. La ville se développe entre 1700 et 1850 puis jusqu'à la seconde guerre mondiale grâce à l'agriculture et l'industrie. A l'image du département de l'Ain, Bourg-en-Bresse est le théâtre de nombreuses actions de résistance pendant la deuxième guerre mondiale : le général Delestraint, chef de l'armée secrète y séjourne avant son arrestation et le lycée Lalande est le seul établissement scolaire à avoir été décoré pour ses actes résistants. Bourg-en-Bresse est également le lieu de naissance ou de passage d'hommes de lettres engagés comme Edgar Quinet, républicain exilé sous le Second Empire, Roger Vailland ou Paul Nizan, écrivains communistes.
Bourg-en-Bresse peut paraître un territoire a priori surprenant comme objet d'étude sur les systèmes politiques locaux. Ville moyenne de province de 40 000 habitants, préfecture polarisant une aire urbaine de 100 000 habitants à dominante rurale, elle peut paraître petite à l'égard de ses voisins Macon et surtout Lyon et Genève. Mais en cela elle présente des caractéristiques communes à de nombreuses préfectures françaises comme Chartres, Châlons-en-Champagne, Melun, Angoulême ou Auxerre ainsi que d'autres agglomérations telles que Gap Bayonne, Compiègne, à quelques milliers d'habitants de ville comme Belfort, Annecy ou Evreux.
Bourg-en-Bresse est située, comme son nom l'indique à la limite sud de la Bresse, aux portes de la Dombes et ses milles étangs et à une heure de voiture des Alpes, dans un département majoritairement rural et agricole.
Il ne s'agit évidemment pas de considérer Bourg-en-Bresse comme scientifiquement représentative des villes moyennes mais bien comme un exemple d'agglomération d'une taille couramment rencontrée dans le paysage urbain et institutionnel français. L'enjeu consiste donc à étudier les caractéristiques socio-économiques de la ville, avant d'identifier quelques grands enjeux de développement durable.
La ville compte 40 300 habitants en 2005 d'après l'INSEE soit 1 3% de moins qu'en 1999. Cette tendance à la baisse se retrouve pour les classes d'âges inférieures à 39 ans. A l'inverse, les 40-59 ans et les 60 ans et plus voient leur nombre augmenter. La ville de Bourg-en-Bresse compte un peu plus de 21 000 logements dont une écrasante majorité de résidences principales (91%). Le nombre total de logement est en hausse de près de 6% entre 1999 et 2007. Deux tiers des habitants de la ville sont locataires
La structure économique de Bourg-en-Bresse se caractérise par une tendance à la spécialisation dans quelques domaines. Entourée de terres agricoles notamment spécialisées dans l'élevage de la volaille de Bresse, Bourg-en-Bresse dispose d'un secteur agroalimentaire important associant production, transformation et recherche autour du pôle Alimentec.
Durant les trente glorieuses, la ville a connu une forte industrialisation notamment autour de la mécanique, l'automobile et la métallurgie. La ville est ainsi une des places fortes de la carrosserie industrielle avec l'usine d'assemblage de poids lourds Renault Trucks (ex-Berliet). L'ensemble de la filière représente plusieurs milliers d'emplois et la gamme de productions est très large (engins agricoles, de chantier, véhicules utilitaires, semi-remorques...). Ce secteur a profité et profite encore de la situation de carrefour qu'occupe Bourg-en-Bresse, traversée par les autoroutes A 39, A 40 et A 42 vers Dijon, Genève et Lyon. Bourg-en-Bresse est aussi particulièrement spécialisé dans les câbleries avec plus d'un millier d'emplois sur les tréfileries des multinationales Mittal Steel ou Nexans. Le tissu économique est donc structuré par une dizaine de très gros employeurs auxquels il convient la santé - ce qui est normal au pays du docteur Bichat- avec le centre hospitalier de Fleyriat. Le nombre de PME-PMI notamment sous-traitants de ces groupes est également important.
Le développement de l'emploi est considéré comme « endogène » et le taux de création d'entreprises est « l'un des plus faibles de la région[1] ». L'agglomération compte certains secteurs en tension dont le BTP, l'hôtellerie restauration, le commerce, la santé, ou encore la métallurgie.
La répartition des emplois par catégories socioprofessionnelles fait apparaître une légère différente de la moyenne nationale. La faible part d'agriculteurs s'explique par le caractère urbain du territoire mais ne doit pas faire oublier l'environnement largement agricole de la ville. On constate par contre une proportion plus forte d'ouvriers et d'employés (60,8%) que la moyenne nationale (57%) résultant des concentrations industrielles.
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Agriculteurs |
Artisans commerçants, chefs d'entr. |
Cadres, professions intellectuelles |
Professions intermédiaires |
Employés |
Ouvriers |
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Bourg-en-B. |
0,2% |
5,2% |
10,6% |
23,3% |
32,4% |
28,4% |
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Moyenne nationale |
2,4% |
6,4% |
12,1% |
22 ?1% |
29,9% |
27,1% |
Source : INSEE, RGP 1999
Selon l'INSEE, l'emploi salarié concernait ainsi plus de 92% de la population de la ville. En 2006, on constate qu'une grande majorité des habitants de Bourg-en-Bresse travaillent dans des entreprises comptant plus de 50 salariés et qu'un burgien salarié sur deux travaille dans une entreprise de plus de 100 salariés, notamment dans les services.
Enfin, toujours en 2006, près d'un emploi salarié sur trois se trouve dans la fonction publique alors que près d'un sur deux dépend de l'économie dite résidentielle (commerce, restauration, services à la population). La sphère productive, malgré les forts contingents d'emploi salariés des implantations industrielles ne concentrent qu'un quart des emplois salariés offerts sur le territoire de Bourg-en-Bresse.
Le revenu moyen par ménage est légèrement inférieur à la moyenne nationale qui s'élève à 15 000 euros annuels. En effet, l'appel à projet du Contrat Urbain de Cohésion Sociale fait état du développement de la précarité et d'une main-d'œuvre locale sous qualifiée par rapport à la demande des secteurs fortement recruteurs. En effet, selon l'INSSE, seulement un tiers de la population non scolarisée âgée de plus de 15 ans en 1999 disposait d'un diplôme au moins équivalent au baccalauréat et 20% n'avait aucune qualification. Cependant, « une étude de la Direction Régionale du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle Rhône-Alpes réalisée en mai 2007 montre que pour la 2ème année consécutive, la demande d'emploi a augmenté en 2006. Au cours des 10 dernières années, le nombre d'offres d'emplois n'a jamais été aussi élevé avec 364.573 propositions de recrutement sur 2006 (soit une progression de 5,8% par rapport à 2005)[2] » et la ville est souvent saluée pour sa situation de plein emploi, le chômage s'élevant à 5,5% en 2005.
Cette situation doit bien évidemment être reconsidéré à la lumière de la crise économique puisque, par exemple, Renault Trucks qui employait plus de 3000 personnes a décidé de se séparer de ses 800 intérimaires.
De plus, il convient de mentionner que la ville est engagée dans un Contrat Urbain de Cohésion sociale qui concerne notamment la ZUS du « Pont des Chèvres - Reyssouze » où vivent 10% de la population burgienne mais aussi six quartiers hors ZUS de l'agglomération abritant 9% de la population de celle-ci.
L'influence est aussi réelle en matière d'enseignement supérieur, la ville comptant deux classes préparatoires aux grandes écoles, une scientifique et une économique et commerciale. Bourg-en-Bresse accueille aussi trois départements d'Institut universitaire de technologie de l'université de sciences Lyon I Claude Bernard, une antenne de l'université Lyon III-Jean Moulin permettant de suivre un cursus de droit ou d'histoire jusqu'à la licence, ainsi que deux masters de l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon et l'un des trois IUFM de la région Rhône-Alpes et de nombreux BTS. AU total, la ville compte environ 3 000 étudiants.
Cependant, à une échelle régionale, l'influence de la ville est moins grande voire très limitée face à celle des autres agglomérations Rhône-alpines, notamment Lyon ou Grenoble.
Comme toutes les villes, Bourg-en-Bresse doit faire face à la question du traitement des déchets et du contournement routier du centre-ville. La ville espère aussi se développer grâce à un pôle multimodal.
En moyenne, chaque habitant de l'agglomération de Bourg-en-Bresse produit 500 kg de déchets ménagers par an (chiffre fourni par la communauté d'agglomération). Pour réduire cette quantité de déchets enfouis ensuite dans un déchetterie située sur le territoire de la communauté d'agglomération, et permettre de mieux recycler, la collectivité a mis en place un système de tri sélectif comme de nombreuses autres. Ce système s'appuie sur près de 200 points de collectes dont une partie sont enterrés mais aussi sur un ramassage comme pour les ordures ménagères non triés pour le centre-ville de Bourg-en-Bresse.
L'ensemble des déchets est traité par le syndicat mixte Organom, créé en 2002 pour faire face aux obligations découlant du dans Plan départemental d'élimination des déchets ménagers et assimilés. Il rassemble bien au-delà de l'agglomération de Bourg-en-Bresse puis que 18 intercommunalités y participent ce qui représentent près de 200 communes et 300 000 habitants. Le syndicat gère deux centres de stockage et enfouissement, deux quais de transferts et une plateforme de compostage. Le site de la Tienne, situé à proximité de Bourg-en-Bresse est de loin le plus important mais des tensions existe, certains territoires du départements ne souhaitant pas accueillir de nouveaux sites alors que la saturation approche et que les distances parcourus pour amener les déchets dans les deux seuls sites sont conséquentes.
Enfin, le syndicat mixte a décidé la création d'une unité de valorisation énergétique des déchets. Ce projet doit aboutir fin 2011 sur le site de la Tienne et permettra un « tri mécano-biologique des déchets, un process de méthanisation et de compostage [3]». Cette usine se veut à la pointe de l'innovation en étant la première en Europe à être aussi complète.
Comme on peut le voir sur la carte page deux, le contournement routier de Bourg-en-Bresse par le sud-est pose problème d'autant que l'usine Renault Trucks qui produit plusieurs dizaines de camions par jour entrainant de très nombreux flux se situe dans ce secteur. Un projet de rocade a donc été lancé et ces projets ne tombent pas sous le coup du moratoire décidé au Grenelle. La communauté d'agglomération sera maître d'ouvrage ce qui est assez rare pour ce genre de travaux généralement de la responsabilité au conseil général.
L'enjeu environnemental est pourtant très important du fait de la zone traversé et plusieurs études ont été menées sur ce plan. La rocade sera une 2 X 1 voie longue de 2,6 kilomètres. De nombreuses précautions ont dû être prises pour préserver le cadre de vie et l'écosystème : protections contre le bruit, « bassins de rétentions, plantations, création ou pérennisation de zones humides [4]». Afin de rendre le projet plus acceptable pour l'opinion publique, les travaux permettront aussi la réalisation d'un chemin pour les modes de déplacements doux. Il sera ainsi possible de relier à pied ou à vélo, en toute tranquillité, le quartier populaire des Vennes à la base de loisirs de Bouvent comme le montre l'image ci-dessous. Celle-ci est mise en avant sur le site de l'agglomération montrant bien que la volonté de communication est au moins aussi importante que les considérations écologiques.
Enfin, la vile de Bourg-en-Bresse et la communauté d'agglomération cherche à profiter de la mode du développement durable pour repenser l'organisation des transports dans la ville et pour se développer économiquement. C'est ainsi qu'une étude a été commandée il y a cinq ans en vue de la création d'un pôle multimodal autour de la gare SNCF en partenariat avec la région, l'Etat, RFF, la SNCF et le conseil général opérateur des transport interurbains par autocar.
Il s'agit de rassembler au même endroit les moyens de transports alors qu'actuellement la gare routière est situé à plus de dix minutes à pied de la gare SNCF et que le nombre de places de stationnement est très limité. Le second axe du projet vise à rééquilibrer le développement de la ville et l'amélioration de la liaison entre l'Ouest et l'Est grâce au prolongement du passage souterrain actuel [5]». Pour l'instant, la réalisation est hypothéquée par la situation financière difficile de la ville de Bourg-en-Bresse mais le maire de la ville étant aussi vice-président du conseil régional en charge des finances, le projet conserve toutes ces chances de voir le jour.
une ville préfecture : La ville de Bourg-en-Bresse occupe une place politique et administrative centrale au sein du département de l'Ain. Préfecture de l'Ain., elle est ainsi le siège du conseil général, de la chambre de commerce et d'industrie, d'un tribunal de grande instance, d'un centre pénitentiaire (700 places) et de toutes sortes d'administrations déconcentrées de l'Etat ou de rassemblements professionnels (Medef, ordre des médecins, syndicats salariés...).
démocratie locale : Historiquement Bourg-en-Bresse est une ville modérée, légèrement de gauche dont la plupart des maires ont aussi été député. En mars 2008, la gauche et les écologistes ont remporté la mairie dès le premier tour en battant la droite sortante. La nouvelle majorité a décidé la rédaction d'une charte de la démocratie locale et la mise en place de six conseils de quartiers dont les membres seront tirés au sort parmi les citoyens candidats. Ils comprendront des représentants des habitants, du monde associatif et des acteurs socio-économiques.
une communauté d'agglomération : Depuis 2001, une communauté d'agglomération est organisée autour de la ville de Bourg-en-Bresse. Si la gestion de la communauté d'agglomération respecte la logique de dialogue et de rechercher du compromis le plus souvent possible, la nouvelle majorité de Bourg-en-Bresse n'a pas caché sa volonté d'affirmer le leadership de la ville : le nom a été changé de « l'agglo » en « Bourg-en-Bresse agglomération » et surtout, c'est un élu de Bourg qui assure désormais la présidence ce qui n'était pas le cas lors du mandat précédent. Elle se compose de 15 communes qui représentent environ 70 000 habitants, soit 13 % de la population du département. Ces communes sont pour certaines des espaces périurbains, pour d'autres de petits villages mais dans les deux cas, la majorité de leur population travaille dans la ville centre. Cependant, les communes situées au Sud-est de la ville, y compris certains villages limitrophes appartiennent à d'autre communautés de communes. Un syndicat mixte les regroupe pour la réalisation et le suivi du Schéma de Cohérence Territoriale.
La ville de Bourg-en-Bresse et son agglomération présentent des caractéristiques que l'on retrouve dans de nombreuses villes moyennes préfectures : spécialisation industrielle, part d'emplois publics supérieure à la moyenne nationale, projets de développement autour du développement durable. A ce titre, le pôle Alimentec technopole autour de l'agroalimentaire s'inscrit parfaitement dans le projet de territoire permettant de faire le lien entre la tradition agricole du territoire (notamment les volailles de Bresse) et l'innovation technologique. Sources
Insee : http://www.insee.fr
En direct de l'agglomération, le mag de la communauté d'agglomération de Bourg-en-Bresse, n°9, avril 2009
Site de la mairie de Bourg-en-Bresse : http://www.bourg-en-bresse.fr
Site de la communauté d'agglomération de Bourg-en-Bresse : http://www.agglo-bourgenbresse.fr
Site du syndicat mixte de traitement des ordures ménagères : http://www.organom.fr
Site du journal Le Progrès : http://www.leprogres.fr
Site personnel du maire de Bourg-en-Bresse, Jean-François Debat : http://www.jeanfrancoisdebat.fr/la_ville/
CUCS, appel à projets 2009, Document de cadrage. Disponible sur : http://www.agglo-bourgenbresse.fr/cadre.php?pages=articles&espace=RESSOURCES&_dossier=9&_id=61
Dossier de presse « Actif Toit » de décembre 2007 disponible sur http://www.alatras.fr/index.php/Le-logement/Operation-Actif-Toit-Bourg-en-Bresse-01.html site de l'association des lieux d'accueils des travailleurs saisonniers.
[1] CUCS, appel à projets 2009, Document de cadrage. Disponible sur :
http://www.agglo-bourgenbresse.fr/cadre.php?pages=articles&espace=RESSOURCES&_dossier=9&_id=61
[2] Dossier de presse « Actif Toit » de décembre 2007 disponible sur http://www.alatras.fr/index.php/Le-logement/Operation-Actif-Toit-Bourg-en-Bresse-01.html site de l'association des lieux d'accueils des travailleurs saisonniers.
[3] http://www.organom.fr
[4] http://www.agglo-bourgenbresse.fr/cadre.php?pages=articles&espace=PROJETS&_dossier=8&_id=8
[5] http://www.agglo-bourgenbresse.fr/cadre.php?pages=articles&espace=PROJETS&_dossier=8&_id=10
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